samedi 12 novembre 2016

La mission luthérienne avant 1924 sur le site actuel de l'Eglise russe orthodoxe Saint Serge de Radonège: La mission Luthérienne.


Photo Martine Käs
Avant l'annexion de 1860  du Village de Belleville à Paris .
1 millier d'ouvriers exploitent encore 
les 3 dernières carrières de gypse 
servant à la fabrication du plâtre,
(dont celles du Mont Chauve sous le Parc des Buttes-Chaumont actuel
 et  celles des carrières dites d'Amérique).
Notre village est encore peuplé de nombreux 
carriers, laboureurs, vignerons... Et moulins à vent...

Paris  en ce temps là
compte 80.000 émigrants allemands 
y venus  pour raisons politique et économique .
Ils y travaillent comme journaliers, chiffonniers, balayeurs...
Dans  notre village nombreux ceux 
sont qui travaillent dans les carrières restantes et
 dans  les briqueteries.

Une mission Luthérienne est organisée 
afin de prendre en charge la vie spirituelle de ces allemands.
  En 1858 le jeune pasteur protestant
Friedrich Von Bodelschwingh 
(1831-1910)  qui dirigeait cette mission,
se promenant sur cette verdoyante colline
crut entendre une voix   lui dire que Dieu avait  choisi cet endroit
 pour y établir sa maison...
Il commence par louer le site  occupé par une briqueterie
 puis plus tard avec grande difficulté réunir les fonds pour l'acquérir.

Il y fait construire dans un premier temps un chalet démontable
 consacré au culte et à l'école  dénommé
" l'Église de la colline ".
Puis En 1861  l'Eglise actuelle ainsi que deux chalets  et bâtiments 
(qui existent encore)  furent construits 
pour accueillir  les offices religieux, l'école du dimanche, 
 un centre culturel, 
 un jardin d'enfants et un internat pour garçons.
Dessin emprunté à  la  Fondation Bethel .
Sans doute Le Temple de la Colline  et ses infrastructures vers  1861
 Il vous reste à vous rendre au 93 de la rue de Crimée
 pour voir les transformations du site !
 En 1870, l'armée prussienne occupe Paris.
Durant ce siège des batailles sont livrées notamment 
dans les carrières de la Butte de Chaumont .
La population masculine allemande est expulsée.
Les écoles allemandes et lieux de culte sont fermés   .
Les bâtiments de la mission luthérienne
 sont occupés par la garde nationale.

En 1871 le culte protestant est rétabli et 
l'école est autorisée à rouvrir.
Mais seulement jusqu'en 1914, 
au début de la première guerre mondiale.

Puis La mission Luthérienne quitta la colline
pour s'implanter dans différents endroits successifs du 19e.

A l'heure actuelle La paroisse luthérienne Saint Pierre
  55 rue  Manin et ses cloches visibles dans la  rue Edouard Pailleron 
en est sa dernière implantation.
http://www.paroisse-lutherienne-stpierre.fr/ 
A lire dans le journal paroissial, de la paroisse Saint-Pierre,
 l'article très intéressant de Monsieur Joerg Langendorf:
"A  découvrir: Les origines de la paroisse Saint-Pierre"
 

Le site  et l'Eglise dite de la Villette
appartenant à  la mission protestant fut donc 
 confisqué et laissé à l'abandon jusqu'en 1924,
date à laquelle il fut vendu aux enchères  pour dommages de guerre 
et acheté par l'Eglise Russe Orthodoxe Saint Serge de Radonège.

In L'institut Saint Serge d'autrefois au rayonnement d'aujourd'hui.
La colline Saint Serge.
Alexis Kniazeff. Beauchesne 1974.  
Nous remercions le service Info-doc de la Fédération Protestante de France 
qui en 2010 nous a transmis cette source.


Revenons au jeune Pasteur Friedrich Von Bodelschwingh
 qui en 1858 trouva (tout comme nous )
 que l'endroit du site de la colline (de la rue de Crimée )
choisit pour le culte était propice
  au recueillement et à la quiétude. 
Il deviendra  par la suite
 une des personnalités majeures du protestantisme.
Il ouvrit des hospices,  des centres pour épileptiques,
 donna du travail au pauvre...
 Il fut précurseur d’Emmaüs et de l'économie circulaire.
Plusieurs institutions suisses et allemandes portent sont nom.

Il fit sienne la parole de Jésus dans l’évangile de Jean
"Ramassez les morceaux qui restent afin que rien ne se perde."
Ses résidents récupéraient les vêtement usagers, les triaient, 
les raccommodaient puis les vendaient.

Il fut même surnommé 
"Le mendiant le plus ingénieux que l'Allemagne ait jamais vu"
 Il avait mis au point une stratégie 
pour financer les institutions qu'il créaient 
dans laquelle riches mécènes et 
 multitude de petits épargnants
 participaient aux donations.

Pour en savoir plus sur  les nombreuses  actions de bienfaisances
 menées par le pasteur,
Allez visiter le site de la fondation Bethel (en allemand) 
ou  sur Wikipédia.

Histoire de l'Eglise





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