samedi 17 juillet 2021

1952-1968 Souvenirs d'un enfant du quartier

 

Yves Bohain, a habité au 3 rue des Solitaires de 1952 à 1968

Il nous livre ses souvenirs dans un très beau texte, un témoignage précieux. riche en informations quant à la manière dont les gens vivaient à cette époque là .

Un grand merci à lui d'avoir voulu  partager une partie de son enfance avec nous !

 

FAVERGES, le 30 mai 2021, et suivants...

  Quand les « Studios des Buttes Chaumont » ont brûlé (28 février 1953), je venais d'avoir quatre ans, et nous habitions au n°3 de la rue des Solitaires, au 1er étage, depuis un an environ.
  D'après mes parents qui étaient à la fenêtre (1), la rue était encombrée de tuyaux pompiers, de bruits et de fumée, et je dormais comme un loir...
    

Notre immeuble avait sa concierge, logée au rez, auprès de l'escalier et de la descente aux caves, sa cuisine faisait saillie dans l'arrière-cour, qui comportait un cabanon pour les poubelles, un point d'eau, deux minuscules jardinets, et un WC extérieur pour une maisonnette de deux petits logements. La loge avait deux portes-fenêtres accédant à la cour. Elle hébergeait son fils, sa belle-fille et son petit-fils, et elle me gardait, après la Maternelle. Son rôle essentiel était de nous empêcher de faire du bruit et de descendre l'escalier sur la rampe ! C'était « Mémère Fadat ».
    Au rez sur la rue, il y avait un bistrot!(2) Il attirait son lot d'habitués, qui repartaient tard le soir, souvent éméchés... Çà ne m'empêchait pas de m'endormir, bercé par le bruit du poêle à charbon qu'on tisonne chez les voisins du dessus.(3) Nous avions une petite cheminée en marbre dans chacune des trois pièces en façade, mais deux poêles, rapidement remplacés par deux poêles à gaz de ville, qui fonctionnaient encore en 1979...
   

 A l'angle de la rue, il y avait une vieille boucherie, qui trônait dans un terrain vague à palissades en bois (sans doute l'ancien immeuble du n°1, démoli?).
 

L'arrondissement comportait de nombreux terrains vagues, qui nous servaient de Far-West, quand nous ne nous faisions pas chasser par un clochard défendant sa cabane. 

   En face, à l'angle de la rue Carducci, un immense terrain d'une entreprise de charbon, avec des ouvriers noirs de poussière, leur sac de jute sur la tête, qui chargeaient des camions déjà vieux, sans doute d'avant-guerre...(4). Dans un angle de l'autre trottoir de la rue Carducci, étaient stockées des poubelles des « Studios », remplies de chutes de films N&B en celluloïd : on y voyait quelques images anonymes...  

   J'allais à l'épicerie rue de la Villette, probablement au n°54, avec mon bidon de lait d'un litre en alu, et le beurre en motte était débité avec....un fil à couper le beurre ! J'allais au pain un peu plus haut, peut-être au n°58 (reconstruit?) En face se situait le coiffeur/marchand de journaux (n°47). Dans la cour intérieure de cet immeuble cossu, on allait consulter le bon Docteur Chevrillon, le médecin de famille (de combien de familles?), féru de précieux soldats de plomb napoléoniens.J'ai souvent été angineux, jusqu'à l'opération des amygdales vers  six ans, et le Docteur venait souvent à la maison ! Ma mère était infirmière à Cochin, et me badigeonnait de cataplasmes...à la moutarde ! Comme elle était spécialisée en radiologie, et souvent de garde, une ambulance de l'A.P. (maintenant APHP) venait la chercher la nuit, il y avait un sonnette spéciale sur le pied-droit de l'entrée du n°3.
    

Nous n'avions ni salle de bains, ni réfrigérateur : on se lavait dans la cuisine, et les aliments périssables étaient conservés dans le « garde-manger », sous la fenêtre de la cuisine, un placard en saillie sur l'extérieur, en façade Nord ! Ma mère faisait la cuisine sur un petit réchaud à gaz, et lorsqu'on a pu avoir une belle cuisine en Formica noir et jaune, le meuble épousait la forme biscornue du vieux réchaud... !

 Ma mère se douchait sans doute à l'hôpital, mon père et moi allions aux douches Municipales, place des Fêtes (5) :on pouvait acheter un petit savon, et un petit berlingot de Dop... L'attente était parfois longue, dans la chaleur humide, avec les cris de l'employé qui annonçait les numéros, serpillait les cabines, et houspillait ceux qui dépassaient le temps imparti (écrit à la craie sur la porte) !
   

 J'allais à l'école maternelle à l'angle des rues Fessart et de Palestine, puis à l'école primaire de garçons, rue Fessart, ces deux écoles encadrant l'école de filles.

 Sur le trajet rue de la Villette, avec ma blouse grise, mes culottes courtes, et  mes godillots ferrés, la clef de l'appartement attachée par une chaînette, je passais devant la boucherie chevaline (au n°33, « Borealia » ?), et à l'angle des  rues,
un merveilleux « marchand de couleurs », pour moi une caverne d'Ali Baba qui sentait bon le savon de Marseille et l'encaustique (au n°29).
   

 A côté de l'école, la bibliothèque municipale, mais surtout, un peu plus loin, au n°10, une toute petite boutique de journaux, et de confiseries ! Je ne me souviens que des mistrals gagnants et des coquillages à lécher... Un jour, j'ai roulé cette brave dame : je lui ai fourgué une pièce jaune de « 1 franc » des années 30  à la place des « 20 francs » des années 50 que je lui devais !
   

 Encore plus loin, au n°16, un garage où mon père faisait réparer notre 1ère voiture, une 403 d'occasion, gagnée en jouant au Tiercé -avec sa pince à encocher- au PMU à côté de l'Eglise de Belleville (6). Au début, il la garait dans un vieux garage au n°4 de la rue des Solitaires, où il fallait beaucoup manœuvrer tellement c'était petit...Dans un coin stagnait une Renault NN (1925?) avec un squelette d'oiseau dans les plis de la capote...
   

 Le jeudi, jusqu'au CE2, j'allais à la garderie municipale dans une autre école, très très loin : rue Compans ! J'avais les francs en poche pour payer la cantine, mais un jour mon père oublia de me les donner avant d'aller prendre son métro à « Botzaris » (7): je courus comme un fou, et arrivai en pleurs au portillon de la poinçonneuse... Elle me donna la somme (!), que mon père lui remboursa le lendemain, agrémentée d'une plaque de bon chocolat .
   

 Si j'allais rue Compans par la rue des Annelets et les escaliers, il y avait à l'angle (n°33 ou 35?) une petite boutique de journaux où on achetait en douce des « illustrés », interdits à la maison...
    

Plus grand, livré à moi-même tout le jeudi, j'arpentais le quartier avec mes copains d'école, Rios, dont les parents tenaient une épicerie rue du Plateau (8), et Chenin, habitant en face, à côté d'une entreprise de décolletage (9). Outre les grands terrains vagues (et dépotoirs) de cette rue, nous allions faire du patin à roulettes sur les grands trottoirs de la rue Botzaris, le long des grilles des Buttes (10).
    

Les Buttes-Chaumont, c'était notre paradis, surtout les recoins interdits, où nous allions fumer en déjouant l'attention des gardes (11). Les jardiniers devaient bien constater les sentiers créés dans les bosquets!
    

Place des Fêtes, c'était pour le marché, et on redescendait par la rue des Fêtes, où jouait un accordéoniste aveugle, et la rue de Belleville, toujours très animée en commerces et en véhicules (12). Il y avait le boucher (13), et surtout le « ciné » Le Féérique, où nous avons vu quelques films (14) et mangé des esquimaux...
    

En remontant ma rue vers la Place des Fêtes, j'étais fasciné par une vieille devanture de Pompes Funèbres, entre les n°40 et 46 (15), fermée depuis des lustres, et remplie de photos de corbillards somptueux, avec des chevaux caparaçonnés,  des lambrequins et des espèces de plumets : corbillards de 1ère ou 2ème classe du XIXème siècle... !
    Au coin de la rue Arthur Rozier, bien sûr, le bougnat célèbre, avec sa borne d'appel de Police-Secours, où j'ai vu mon premier Scopitone...

    En CM2, avec un maître d'école sportif, nous allions nager à la piscine Pailleron (petit je disais « Paéron »), en bas des Buttes. L'apprentissage, les habillages et les trajets étaient à la cravache, l'eau était fortement chlorée, mais j'y ai appris à nager (« grenouille, A, I, Y, grenouille, A, I, Y ... ») avec des bouées en liège, et puis un jour, plus de bouée: « Oh lui, hé ! »
  

  Fin des années 60, j'ai pris quelques leçons de conduite vers le n°15 de la rue de la Villette (mais j'avais déjà appris avec la 403 sur les petites routes bombées des Landes) : nous allions, en SIMCA 1500, surtout dans le quartier -beaucoup plus calme- du Danube,  où j'allais parfois au cinéma « Danube ».
   

 A la même époque, un peu plus loin vers le n°4 de la même rue, nous allions acheter « de la cuisine toute faite », salade, légumes cuits, plats en sauce,
parts de gâteaux maison, et il fallait toujours faire la queue !
    

Pour finir, je me suis rarement aventuré jusqu'aux « boulevards des Maréchaux » (chez Eddy, qui m'était inconnu) : c'était loin, à pinces ! Il y avait d'immenses terrains vagues (les fortifs?) avec une église au milieu, et il y avait un tunnel qui descendait vers l'inconnu : les égouts ? Je m'étais promis d'y revenir avec une lampe de poche, mais......

    En 1960, je me suis retrouvé interne à Lakanal, à Sceaux, mes parents ayant divorcé. Je rentrais chez mon père un week-end sur deux, nous allions au restau et au spectacle (chanteurs, boulevard, …), le 19ème ne m'était plus  rien, sinon pour rouler la nuit sans permis, dans la voiture « empruntée » à mon père, vers 1966/67... Ma mère, remariée, a vécu longtemps au Plessis-Robinson (pratique, pour aller à Cochin), mais j'avais quitté Lakanal pour le lycée de Compiègne ! Je dormais le dimanche soir chez mon père, pour me lever à 06h00, attraper le métro (déjà à pneus, la première ligne équipée, la 11 !) de 06h25 à « Jourdain », être serrés comme des sardines, surtout à « République » jusqu'à « Gare du Nord », et prendre le train pour Compiègne à 07h00. L'Oise, la forêt, les colos et les camps à la montagne ou à l'Océan, le service militaire en Bretagne (16) et dans les Chasseurs alpins, les vacances  dans un petit paradis de la plaine du Doubs, chez mes grands-parents, tout m'a dégoûté de Paris : je n'ai pas connu les démolitions de Belleville (17), mais j'ai vu  celles de la Place des fêtes... ! Je ne suis jamais revenu rue des Solitaires (18), et très rarement à Robinson : nous nous revoyions en « province »... !

    « Et nous voilà ce soir... », dirait le grand Jacques.    
 

(1)les garde-corps en ferronnerie sont toujours les mêmes, quand les volets  roulants sont ouverts !

(2)Dont les gérants ont défilé, en fonction de l'influence des Studios : il y a même eu un jazzman, je crois...
(3)le charbon en sac était vidé  dans les caves, à dos d'homme...
(4)dans l'immeuble actuel du n°43 rue de la Villette, il y a plusieurs niveaux de sous-sol, où nous louions un box pour la voiture, bien plus tard...
(5) classé Monument Historique ?
(6) sans doute 7 rue Lassus, « le Lescot ».
(7) il travaillait à la SITA, une filiale d'Air France, près de la Gare du Nord
(8) au n°10 ou 12...
(9) peut-être au n°7 ou au n°15 de la rue du Plateau? (il y avait de grandes caisses qui débordaient de chutes de métal)
(10) il y avait une vespasienne en tôle, avec des gens « louches »... !
(11) cigarettes «P4 » achetées au PMU de l'église... !
(12) j'y suis passé en autocar en 1968, pour rentrer dans Paris venant de Compiègne  (théâtre pour Terminales)!
(13) sans doute toujours au n°143...
(14) paraît-il celui évoqué dans « la dernière séance » d'Eddy...Plus tard, nous allions au cinéma dans Paris (Rex, Studio Universal, Gaumont, etc.)
(15) avant démolition...
(16) EOR (élève-officier de réserve) à Coëtquidan, je suis venu voter  dans le préau de mon école primaire, en grand uniforme avec le képi !
(17) « Dernier domicile connu » avec Lino Ventura...
(18) sauf sur Gogol-maps...
 

                                      Vue de la cour enneigée du 3 rue des Solitaires. Photo Yves Bohain

                                                      Voiture d'époque. Photo Yves Bohain

                                                                  une Citroën Traction 11B de 1951,

Voici son l'histoire:

au n°70 (ou n°78 ? immeubles "récents") de la rue de la Villette, dans une arrière cour,

il y avait un vieux carrossier, André COLIN,  chez qui mon père faisait réparer les gnons

récoltés dans la circulation parisienne. Ce brave homme partait en vacances en Bourgogne

et la légende veut qu'il repeignait chaque année sa magnifique Traction...

J'ignore comment sa veuve a fait appel à mon père pour la vendre, à l'été 1971,

mais bien sûr, je lui ai demandé  de me l'acheter, j'étais Chasseur Alpin à Grenoble  à ce moment là et suis venu défiler sur les “Champs” !. Elle en voulait CENT FRANCS,

nous la lui avons payée deux cent francs... J'ai beaucoup bourlingué avec...

L'hiver aux Arcs, à 1600m, les nombreuses couches de peinture noire cellulosique

se sont écaillées comme un enduit, l'été dans la Drôme (peinture "tuyau de poêle"),

puis dans l'Hérault (mariage, à 20 km/h, boite cassée), etc, etc...

La photo date de 1979, peu avant de la vendre (divorce...).

 

jeudi 10 juin 2021

Renée Fauguet-Zejgman, une habitante de l'ancienne cité-jardin du 160 rue de Belleville

 

                                                               le joli petit jardin devant sa maison 

 


 

Renée, habite cette zone pavillonnaire dotée de jardinets individuels,  depuis 1985. Très impliquée , active  et engagée dans la vie associative,   elle a participé aux restos du coeur et aux taxis du coeur, (moins connus)  dont la mission était d'accompagner les personnes en difficulté dans leurs démarches administratives.   Elle fait du théâtre au Local situé au 18  rue de l'Orillon., un haut lieu de création, d'actions culturelles et de pratiques artistiques amateurs  Elle est à l'initiative d'un groupe d'habitants du quartier qui pratiquent la marche nordique dans le parc des Buttes-Chaumont. Et est présidente depuis 2004,  de l'amicale des locataires, CNL du site où elle habite, qui appartient à l'Espace Habitat construction....

                    Fidèle dans ses amitiés elle continue à voir ses amies de l'école primaire !

          Née à Lyon en 1944,  de  parents  juifs polonais qui avaient fui les pogroms , venus s'installer à Belleville en 1920  au 29 Bd de Belleville.

 Son père était coupeur dans la chaussure dans des atelier qui étaient nombreux en cette période là à Belleville. A la Maison Primak, rue Julien Lacroix en 1923, A la Maison Seigerman, 18bd de la Villette, de 1924 à 1925, A la Maison Schusterman entre 1926 et 1927, à la Maison Zaidman, rue Vicq d'Azir entre 1927 et 1941.

                               La cour de l'immeuble du 29 Bd de de Belleville . Le bâtiment  était un ancien relai de poste datant d'Henri IV. A droite du fond de la cour se trouvait l'entrée de l'écurie où il existait encore lorsqu'elle y habitait , les anneaux  et  la mangeoire. La partie que la famille occupait était l'ancienne auberge du relai de poste.

                         

                                                                                         Renée en 1963


 

Une enfance à Belleville

Bellevilloise depuis l'âge de 1 an, elle est au fil du temps devenue une exceptionnelle passeuse de mémoire . Elle  se souvient avec jubilation de ses 400 coups  de jeunesse,  tels que dévaler en bande de joyeux drilles à toute vitesse la rue de Belleville en patin à roulettes , faire du toboggan sur la rampe du Métro Place des Fêtes, tirer aux sonnettes  des immeubles, l'école buissonnière pour aller au cinéma ...

Elle allait au  patronage au 120 Bd de Bellevue de la Commission Centrale de l'Enfance de l'UJRE 

                                    Ses balades et  de ses jeux dans le parc des Buttes-Chaumont ..

                                                 Renée à 7 ans avec sa soeur Cécile  11ans

                                              

                                    Ses frères Georges et Simon en 1934 aux Buttes-Chaumont


 
                                  Renée Bd de la Villette en 1958 avec son amie Renée Katz


                                                        Écoles fréquentées

École de la rue Vicq d'Azir pour la primaire , collège de filles de l'avenue Simon Bolivar, le collège commercial de la rue Bidassoa section comptabilité. puis Le lycée Jules Siegfried en BTS de comptabilité.

 

Renée se souvient avec grand dépit,  des cinémas  et théâtres qu'elle fréquentait et qui ont tous disparu !  Et même les films qui y  passaient , le genre de films diffusé dans chaque cinéma !

 Les cinémas  de Belleville qui ont disparu

Le Cocorico du 128 Bd de Belleville- le cinéma, music hall , cinéma  l'Alhambra, au 22 Bd de la Villette.  le ciné Bellevue,transformé en une Synagogue au  122 Bd de Belleville - Le Nox qui devint le Berry-Zèbre, puis le  Zèbre de Belleville , crée par des juifs polonais  en 1946 et qui diffusaient des films russes et d'Europe de l'Est- Le cinéma le Floréal au 13-15 rue de Belleville- Les Folies Belleville, cabaret, café théâtre, music hall puis cinéma au 8 rue de Belleville- Palais des Glaces au 37 rue du Fbg du Temple- Le Paradis au 42 rue de Belleville- Théâtre de Belleville.  Le Florida au  373 rue des Pyrénées- Le Féerique au 146 rue de Belleville transformée en Franprix. Le Belleville Pathé rue de Belleville.

Pour en savoir plus sur les cinémas disparus , lire l'article de l'historien de Belleville, Maxime Braquet sur le site de la Ville des gens . https://www.des-gens.net/Quand-il-y-avait-des-cinemas-a-Belleville


                                                       Renée se souvient aussi des rues 

                                       qui existaient, qu'elle empruntait  et qui n'existent plus...

Les rues disparues

Impasse du Puits qui allait de la rue de l'Atlas à l'avenue Simon Bolivar  Le passage Kuszner   du 17 rue de Belleville  à la rue Rebeval. La rue Vincent qui allait  de la rue Rebeval à l'avenue Simon Bolivar . l' Allée des Faucheurs qui allait de la rue de Belleville à la rue Rebeval.

Son parcours Professionnel 

Renée travaillait  à l'agence photographique Rapho, une des plus anciennes agence de photos journalisme de France  créée par Charles Rado en 1933, devenue l'agence Gamma-Rapho par la suite ! .Comptable de l'agence le matin, l’après-midi était consacré au tri des photos. Elle y a rencontré  et fréquenté les grands photographes de Paris , Robert Doisneau, Willy Ronis, Sabine Weiss, Janine Niepce, Hans Silvester, 

Roland et Sabrina  Michaud..

Et aussi Robert Bober qui était venu regarder les photos du livre, 

Belleville Ménilmontant  de Willy Ronis  et Didier Daeninckx,


 épuisé à ce moment là,  afin de sélectionner des photos de la destruction du quartier, pour la préparation de son film documentaire "En remontant la rue Vilin", sur le texte de Georges Perec. 1992

Un magnifique et émouvant film que nous vous conseillons  vivement de regarder

 

Ses  coups de coeur de livres sur Belleville

A travers l'histoire de sa propre famille, l'auteur Jean -Jacques Fradet  retrace

 avec brio l'histoire des émigrés juifs à  Belleville. Magnifique  et émouvant témoignage

sur Belleville entre les deux guerres

 Editions l’Harmattan .  2020

                             

Photos  en couleur de François-Xavier Bouchart  de Belleville dans les années 1970. 
Un Belleville en plein chantier de  démolition. Dernières images de Belleville  avant sa transformation.
 Textes de Robert Bober et Françoise Morier. Editions Creaphies 2015

 

                              L'ouvrage de référence sur l'histoire du village de Belleville

                                                              Aux Editions Veyrier1988

                                                

                                                      Claire Reverchon et Françoise Morier

                                                                    Editions Creaphis  1995


                              

 

 


 


 


 



mercredi 9 juin 2021

Du couvent des moines de Picpus à la résidence pavillonnaire du 160 rue de Belleville

 

 

Caché derrière la porte de l'immeuble situé au 160 rue de Belleville,  se trouve un lieu de vie préservé  ,  éloigné de l'effervescence de la rue et évoquant particulièrement bien la vie dans  l'ancien village de Belleville Cette allée bordée de 34 pavillons avec jardinets,  s'étend jusqu'au parking de la  place des Grandes Rigoles ! 





  Histoire d'un lieu chargé de la mémoire de ses différents occupants

            Cet ensemble de maisons  de deux étages avec jardins qui existait  déjà en 1920



   a été entièrement démoli entre 1984 et 1985 et reconstruit  en logements à caractère social

                                                       En remontant les siècles 

                                                         Les Massures Saint Eloy

En 1378, d'après les sources de Jacques Hillaret, entre les n° 160 et 168 de la rue de Belleville, il existait un lieu-dit "Les Masures Saint-Eloy" qui abritait la maison seigneuriale du prieuré de Saint- Eloy, avec un pressoir, des  étables, des granges, des jardins et  des vignes.

 A l'époque le village de Belleville s’appelait Poitronville ! Le nom Massure signifiait  maisons.

Au XVIe siècle la maison seigneuriale fut  occupée par le vigneron Étienne Alix, qui était chargé de collecter les redevances de plus de 300 parcelles de terres et de vignes appartenant au fief Bellevillois de Saint-Eloy.

Le couvent des moines de Picpus 

       Plan du domaine du couvent des religieux de Picpus par Emmanuel Jacomin, emprunté à L'Ami du 20e, du 7/10 1978. Consultable à la bibliothèque Marguerite Duras , au fonds Est parisien

 Cliquer sur le plan pour l'agrandir

 

En 1638,  d'après les sources de l'historien Emmanuel Jacomin, in Histoire de Belleville aux éditions  Henri Veyrier 1988, le sieur Jean Bordier, argentier de la petite écurie du roi, aurait acheté à l’archevêque de Paris, en cet endroit, un domaine de 12 hectares, sans doute correspondant aux n° 140 à 174 de la rue de Belleville ,  la rue de Belleville à cette époque s'appelait  Grand chemin du roy notre sire !  afin d'y installer les religieux du Tiers -ordre  de Saint François de l'étroite observance de la province de France ,attachés au  couvent du village de  Picpus, crée en 1600 rue de Picpus. En échange, les religieux devaient transformer les maisons en couvents et devaient donner des messes à l'Eglise Saint -Jean Baptiste de Belleville, à 5h du matin entre Pâques et les vendanges et à 6h du matin le reste de l'année.



 L'entrée du couvent se faisait par la rue Levert. Le domaine possédait de grands jardins, des bois , des prés. Une chapelle ,  une fontaine alimentée par les eaux de Belleville situées en retrait de la rue  au niveau du 162 rue de Belleville

Bien que  les religieux de Picpus  accueillirent dans leur bibliothèque les réunions  des amis de la constitution, le couvent ferma à la révolution pour se transformer en une prison !

Il est a noter que les religieux du tiers ordre n'étaient pas des moines et que l'appellation du lieu du Couvent des moines de Picpus est erronée ! 

 162 rue de Belleville

Archives de la Ville de Paris
 

le dispensaire de la fondation des œuvres sociales de Belleville, créé en 1920 pour les personnes défavorisées, par Mlles Guerin de Vaux et Heitz qui y ouvrirent aussi en 1923 un hôpital et une maternité .

  Et  c'est en cet endroit , 162 rue de Belleville que le fondateur des équipes socialesRobert Garric écrivit entre 1924 et 1928, le livre "Belleville, scènes de la vie populaire" Grasset 1928.

                                     Photo de Robert Garric en 1935 empruntée à  Babelio 

Robert Garric était un catholique réformiste qui alla à la rencontre du peuple Bellevillois. Il fut un  professeur de lettres et de philosophie renommé, (Simone de Beauvoir a été son élève) qui   avec l'aide d'étudiants, mis en place des services d'éducation populaire  à vocation socio-culturels .

Quelques photos des immeubles en façade datant de 1906, derrière lesquels étaient installés au XIV e siècle Les Massures Saint Eloy, puis  au XVIIe siècle, le couvent des religieux du tiers ordre de Saint-François et la cité jardin. 

Photos empruntées aux Archives de Paris.

160 rue de Belleville

                                                        

                                                              162 rue de Belleville

 

                                                                164 rue de Belleville

 

                                                                 166 rue de Belleville


                                                      168 et 170 rue de Belleville


 


                       

      


 


 


lundi 3 mai 2021

Yves Renoux, le Legato et les ateliers de remise en forme


 Depuis 2003, le studio le Legato

est un lieu dédié à la  danse, offrant des cours de danse pour adultes et enfants avec des professeurs appartenant à différentes écoles , des concerts et des locations de salle.

 

 

Un des cours qui y est proposé est celui  d'Yves Renoux. Ancien danseur et chanteur, il donne  des cours de remise en forme particulièrement élaborés et qui ne ressemblent à aucun autres. Des ateliers collectifs, en petits groupes ou en individuels, s'adressant autant aux personnes qui ont besoin de retrouver leur corps ,  qu'aux personnes fatiguées, stressées, mal dans leurs têtes, personnes qui ont oublié  ou malmené leur corps  du fait des aléas de la vie  qu'aux personnes souhaitant perdre du poids ou qui ont des problèmes de dos. Une méthode de remise en forme aussi alliant la danse, la musique et le chant !

Au 145 rue de Belleville

 

                                                              le 145 en  1900

Derrière La porte d'entrée se cache un autre lieu pittoresque de notre quartier et fortement chargé de mémoire. 

Longez le passage bordé d'anciens ateliers 

construits en début du siècle en torchis 


 

 
 

et tout au fond vous trouverez trois grands studios de danse en vis à vis installés dans une ancienne coutellerie à l'abandon . 

Trois espaces de vie joliment agencés


 comme autant de bulles hors du temps dans lesquels vous aller, dans une ambiance particulièrement bienveillante,  donner du temps à votre corps, l'apaiser, le réparer tout en réparant votre vie, retrouver confiance  en vous , sérénité et un nouvel art de vivre !

Yves Renoux  

Fils de marin pécheur, a grandi au bord de la mer et en est resté profondément imprégné. Il danse et chante depuis son plus jeune âge. Professeur de remise en forme depuis 1984, 

il  habite la rue de Belleville depuis 1976.

La méthode Legato de remise en forme 

Fortement  imprégnée d'une notion de fluidité harmonieuse dans laquelle les mouvements vont parcourir l'esprit le coeur et le corps en va et vient, tout comme en musique, ou le legato joue ses notes liées et sans interruption aucune.

 

Grand pédagogue et fort de ses expériences, de ses savoirs et connaissances professionnelles en tant qu'enseignant, danseur, chanteur et aussi pour avoir vécu dans un corps malade dans sa jeunesse, propose un programme d'enseignements d'exercices  méthodiquement et savamment orchestré. Vous allez apprendre des enchainements d'exercices qui vont vous aider à vous approprier votre corps, en se basant  dés le départ sur la bonne position des pieds au sol, du bassin, du torse , de la tête et de la respiration. Toute une grammaire  corporelle  conjuguée sur un répertoire  musical. Des ateliers de différents niveaux où chaque rythme des personnes est  entièrement  respecté

 

Mais attention, ne vous y trompez pas ! 

Si  au Legato, vous travaillez en chantant, en dansant en riant,  en vous détendant , si vous retrouvez votre sourire d'enfant en chantant  à l'unisson les chansons de votre jeunesse  tout  en faisant les exercices, (chaque exercice ayant la sienne) être sous le regard bienveillant et attentif du passionnant et charismatique Yves Renoux qui  pour vous faire comprendre l’exécution correcte des exercices,  va  s'impliquer corps et âme en faisant  usage  copieux d' anecdotes, de souvenirs, d'expressions poétique, de métaphores, d'expressions drolatiques, expressions imagées et notamment usage d'un bestiaire fabuleux,

  

Cela se mérite !

L'espoir de sortir de ses ateliers totalement transformé, c'est  devenir tout de même Legato tout le temps ! En s’impliquant dans une nouvelle hygiène de vie. La beauté extérieure de votre corps ne s'épanouira qu'à partir d'un bon fonctionnement intérieur Il y a un contrat  de réussite entre le maitre et l'élève. Yves Renoux vous donne  seulement les clefs de la réussite vers votre transformation.Pour obtenir du résultat , il vous reste à vous de faire le travail et de vous prendre totalement en main. Entre chaque atelier vous devez effectuer vos gammes d’exercices  quotidiennement chez vous,  et venir régulièrement aux ateliers. 


 

 Afin de rédiger l'article j'ai été invitée à participer à un atelier

malgré mes appréhensions,  j'en suis sortie  avec une sensation de plénitude intense . 

 

Pour en savoir plus sur la méthode de Yves Renoux,  nous vous conseillons vivement la lecture du  livre de témoignages de ses  élèves. Editions Legato 2012


 Le site internet avec les différents cours  de danse pour adultes et enfants, les ateliers de remise en forme d'Yves Renoux, les locations des salles  les horaires des cours
 

Pour découvrir le  parcours d’Yves Renoux, sa passion pour la mélodie française , 

l'écouter chanter, la présentation en ligne:  

https://www.yvesrenoux-melodie.com/yves-renoux


 

et sur la page Facebook  dédié

https://www.facebook.com/Les-Studios-du-Legato-226805397701838

Si vous souhaitez participer aux ateliers de remise en forme ou pour tous renseignements 

01 42 01 59 29 

06 61 44 11 90